Visite de la Colline aux 3 Menhirs

Mektilde de Merinita
Un Kelpie
Le marais autour des 3 Menhirs
Adeline Bérangère de Tournebut
Chartam le Scribe
Gauvain le Fléau des Norrois

Suite à la visite de la Colline du Dieu Cornu, nous décidons de retourner à la Colline des 3 Menhirs dès le lendemain, le 23 juin 1032. En effet, j’ai l’intuition que ce lieu est intimement lié à la Colline du Cornu et que la période, solstice d’été, est plus que propice à la visite d’un lieu féerique, et à d’éventuelles rencontres. Il faut y aller sans tarder.

Nous partons à l’aube, Adeline, Chartam, Gauvain et 2 de ses hommes Eymerich et Jean Bernard. La tension est palpable, je ne saurais dire si c’est le fait que je sois la seule mage, que nous emmenons Chartam, que nous ayons peur de faire de mauvaises rencontres sur la route, ou tout simplement les 3 à la fois, mais nous prenons quelques précautions. Aliénor nous grime, et nous « prépare » à d’éventuels dangers.

Nous prenons donc la direction du Thuit, en longeant l’Olena, traversant Clécy, St Rémy, puis Thury où nous devons nous affranchir de 2 deniers par patte pour emprunter le pont et traverser rapidement l’Olena, pour enfin arriver au Thuit, aux abords d’une vaste forêt. Nous empruntons la direction du nord, Adeline ne semble pas bien reconnaître les lieux, et ne repérant pas le chemin vers la colline, décide de communiquer avec les animaux de la forêt pour trouver une piste.
Un petit lapin connaît un marécage et nous le suivons, il nous abandonne devant des marais derrière lesquels se dresse une colline, bordée partiellement d’un étang, et nous met en garde sur la dangerosité des lieux.

La zone est clairement féerique, je le sens, même si je n’arrive pas à déceler de regio. La forêt est luxuriante, changeante, étrange, et d’après le témoignage d’Adeline, elle n’est pas comme la dernière fois, ce qui ne m’étonne pas particulièrement. Nous sommes absorbés depuis quelques secondes dans cette contemplation quand nous entendons des bruits d’eau, d’éclaboussures et de hennissements et nous voyons apparaître 5 magnifiques chevaux blancs, d’une stature et musculature imposante, qui nous encerclent. Lorsqu’ils s’approchent, on peut distinguer des branchies. Il nous apparaît, Adeline, Chartam et moi que ce sont des Kelpies, des créatures féeriques aquatiques dont les histoires sont souvent terrifiantes, charmant les humains, les entraînant dans l’eau afin de les noyer et les dévorer.
Gauvain nous fait remarquer qu’il a d’ailleurs vu un crâne dans les marécages.
Nous n’avons pas le temps d’analyser la situation que les Kelpies se dirigent vers chacun de nous et commencent à nous charmer afin que nous les chevauchions. Prise d’une peur irrationnelle je lance un cercle de protection, dans lequel j’enferme Chartam et Gauvain.

Tout va très vite, Adeline descend de son cheval pour s’approcher d’une Kelpie, Eymerich et Gauvain sont déjà irrésistiblement attirés, en train de les monter. Même si leurs corps ou leurs esprits essayent de se détacher de cette emprise, ils sont comme aimantés aux chevaux qui les emmènent à travers les marais vers la colline. Gauvain rappelle fermement ses hommes afin qu’ils se ressaisissent mais toute la volonté du monde ne suffirait pas empêcher l’inéluctable.
Quand ils commencent à rentrer dans l’étang, nous décidons de les suivre, j’essaie de parler aux kelpies leur demandant de laisser nos compagnons,en vain, et très vite Gauvain est charmé à son tour par un des 2 kelpies qui nous attendaient. Commence alors un long ballet où nous voyons les chevaux montés par nos compagnons, galoper dans l’eau, faisant des, tours, s’enfonçant et remontant dans l’eau, chacun tenant tant bien que mal sur sa monture, buvant parfois la tasse, ou se laissant complètement emporter par ce, j’ai envie d’appeler cela…carrousel. Adeline, elle semble ne faire qu’un avec son cheval, hennissant, l’agrippant de ses cuisses , tandis que Jean Bernard pris de panique, se débat.
Je nous mets à l’abri avec Chartam, de la dernière kelpie, et tente d’aider mes compagnons, en apaisant Jean Bernard, ou en essayant de briser le charme des chevaux. Mais le ballet continue et ils semblent s‘enfoncer de plus en plus dans les eaux de plus en plus vite, nous craignons le pire, particulièrement Jean Bernard qui entre 2 plongées essaie toujours de se dégager de l’emprise de la kelipe, à coups d’épée, suffocant entre chaque plongée.
Puis d’un coup les chevaux regagnent la berge, sauf celui de Jean Bernard qui l’entraîne inexorablement vers le fond de l’étang, et que nous ne reverrons jamais remonter des remous, qui durèrent encore quelques instants avant que l’eau ne redevienne d’huile…
Nous voyons nos compagnons descendre des kelpies et monter vers la Colline puis disparaître , s’évaporer comme par magie.
Recouvrant nos esprits, mais ne distinguant toujours pas l’entrée du regio, nous décidons avec Shartam de faire nous aussi le « voyage » afin de les rejoindre sur la colline, qu’il faut se laisser faire et emporter, je lève ma Parma afin de profiter pleinement de cette communion avec cet être féerique dont je n’ai plus peur et nous chevauchons à notre tour le dernier Kelpie qui nous emmène jusqu’à la berge.

Arrivés sur la Colline, nous découvrons qu’en lieu et place des Menhirs se dressent en fait 3 statues, disposées en arc de cercle.
La première représente une jeune fille, avec un disque de pierre incrusté d’un croissant de bronze dont les pointes sont tournées vers la droite, la jambe droite levée.
La deuxième, une femme d’age plus mûr, poitrine opulente, avec un disque en bronze plein, à ses pieds un jeune enfant et un poulain.
La troisième, une vieille femme, avec un disque de pierre incrusté d’un croissant de bronze, cette fois ci les pointe vers la gauche, à ses pieds un cran humain et un crane de cheval.

Je n’arrive toujours pas à distinguer le regio.

Au pied des statues nos voyons 8 énormes champignons aux couleurs d’argent, qui sont en toute vraisemblance source de vis.
Gauvain remarque que face au 3 statues, il y a un emplacement libre, comme si il y avait eu quelque chose, une autre statue, qui avait disparu.
Les 5 kelpies, nous entourent, paissant tranquillement, celle de Jean Bernard nous ayant rejoint, l’air visiblement repue et ravigotée.

Les statues semble représenter la Déesse Mère, figure majeur du panthéon, déesse trinitaire celtique et gauloise des cycles de la vie, création-observation- destruction, naissance-reproduction-mort, ou, passé-présent-futur.
Le lien avec Koffa/Cernunos est évident, lui même étant une divinité du même panthéon , dieu de la fertilité, des cultures, de la vie, de la mort.
Je suppose que lorsque la puissance de Koffa était grande, quand on le vénérait et le croyait, la Colline des 3 Menhirs devait être dans sa zone d’influence. Certainement que la Déesse avait son incarnation en ces lieux, à l’instar de Koffa pour Cernunos à la Colline du Cornu. Et qu’avec le déclin des croyances et l’affaiblissement du culte, il ne subsiste que les kelpies.

Adeline s’adresse aux kelpies afin d’en savoir plus, mais leurs consciences d’elles mêmes, de ce qui les entourent, leur notions du temps, sont extrêmement limitées. Elles savent que des gens viennent les voir et qu’elles les emmènent sur la colline, et qu’elles sont contentes de ces visites et de ces moments d’exaltation et d’émotions avec les humains.

Elles ne se rappellent pas de ce qu’il y avait avant, sur l’emplacement vide en face des statues, tandis que nous faisons des suppositions, les paroles de Koffa nous reviennent :
« Là où les dieux regardent
Là où les dieux faits de pierre »
Une des pierres qui scellent la tombe d’Abbadon se trouvait certainement là.

Elles nous indiquent que les champignons poussent à chaque saison, en été, et nous leur demandons la permission de les récolter. Car je rappelle que le vis issu d’un régio, doit être obtenu avec le consentement et l’accord des fées, sans cela il disparaît dès sorti du régio.
Nous leur promettons de revenir chaque été et leur joie est grande.
(1 pion d’herbam par champignon à chaque solstice d’été)

Nous leur disons au revoir et nous quittons les lieux, avec une pensée triste pour Jean Bernard, nous arrivons fatigués et légèrement blessés pour certains, mais saufs à Fons luminis avant la tombée de la nuit évitant ses dangers.