Printemps et été 1031.

Gladius, le capitaine de Turbula

Le retour des beaux jours fait du bien à toute la turbula de l’alliance. En effet, la promiscuité forcée par le froid hivernal pesait sur le moral des troupes. Maintenant que beaucoup des serviteurs voient leurs occupations les mener hors de la Domus, les effets du don des nombreux mages pèsent moins sur le moral. D’autant que maintenant qu’ils disposent d’un laboratoire, ils ne sortent plus beaucoup. Arcessito, l’autocrate « offert » par la Maison Tytalus, fait preuve d’une grande compétence. Il est fort bien assisté par le capitaine de turbula, Gladius. Ce vétéran de la Guerre du Schisme a été offert par l’alliance de Aedes Salii. Grâce à eux, la Turbula s’organise et se discipline petit à petit.

Cependant, même si le marais n’apporte plus la fièvre depuis que Lymphéa a retrouvé une compagnie hermétique, il reste hostile,  malsain et impropre à la culture. Il parait donc évident que le contrôle de Lymphéa soit une priorité pour les mages. En effet, outre les désagréments quotidiens le fait de devoir acheter la quasi-totalité de la nourriture nécessaire à la Turbula coûte cher et risque de faire augmenter les prix pour tout le monde dans la région et de provoquer des pénuries en cas de mauvaises récoltes.

Les habitants du Bô, d’abord apeurés par cet afflux d’étrangers sur leurs terres, commencent à s’habituer à la nouveauté et aux plaisirs qui l’accompagnent. Car, maintenant qu’ils sont payés pour le fruit de leur travail, ils peuvent s’offrir quelques menus plaisirs.  Les bûcherons apprécient quand Faber ou Honoré mettent en perce un tonneau de cidre après une journée de dur labeur à la coupe des arbres. Leurs femmes, elles, goutent à une certaine frivolité en s’embellissant de quelques rubans, foulards et autres coquetteries ramenés de Falesia par Guilmot, le marchand de l’alliance. Le dimanche, après la messe, tout le monde se rassemble pour écouter les histoires et l’enchanteresse musique de Pipa.

Guilmot, le marchand de Fons Luminis

Guillemette, elle, apprécie le dévouement d’Abu de Jerbiton qui l’aide à s’occuper de la santé de tous. Elle arrive à persuader les malades de se faire examiner par ce sarrasin. Constatant ses prouesses médicales, ils ont donc fini par l’accepter et remercient le seigneur de leur avoir envoyé ce mécréant. Mais la pauvre vieille femme semble tout de même au crépuscule de sa vie. Elle a d’ailleurs été victime d’un excès d’humeur grave qui l’aurait certainement tuée  au printemps si la magie d’Abu n’avait pas œuvrée une fois de plus.

Guillaume Bonne Âme, le curé, constate avec bonheur ce regain de vie. Mais il reste préoccupé par la lenteur du chantier de son église. Au début de l’été, en accord avec Faber, il est revenu d’un voyage de quelques semaines avec de nouveaux lépreux, espérant ainsi accélérer la construction. Et les servants qui bénéficient de ses offices ne rechignent pas à rogner sur leur temps libre pour acheminer des pierres depuis la petite carrière située derrière le village. Mais n’ayant pas les outils et le savoir-faire nécessaires à une telle mise en œuvre, les murs de la petite église ont bien du mal à s’élever vers les cieux. Il n’y a qu’un tailleur de pierre parmi les lépreux et aucun maitre d’œuvre pour diriger la carrière. Il ne manque pas de rappeler régulièrement aux mages leur engagement car il constate que rien de significatif n’est fait pour l’aider.

Le printemps a commencé par les fêtes de Pâques et la visite à La Pommeraye pour la remise de la Taille et du Cens à Finn Arnesson. D’après les dires de Didier Gourdiot ou de Jacques Lepré avec lesquels Honoré entretient des relations sous son identité d’Adriano Primo, le seigneur a retrouvé goût à la vie. Il sort plus souvent de son manoir et s’intéresse aux affaires courantes du domaine, se déchargeant beaucoup moins sur Rolf. Cette situation est appréciée par ses gens car le seigneur, bien que sévère et intransigeant, n’est pas cruel et irascible comme peut l’être son intendant. Quentin, son fils, l’accompagne toujours et fait preuve de zèle dans l’apprentissage de sa future charge. De plus il n’y a pas eu de nouvelle disparition de jeunes femmes depuis l’année dernière et, grâce à l’intervention d’Aar auprès du loup magique, ses congénères se font plus rares.

Lors de la fête de l’assomption, à la demande conjointe de Finn et de Faber, Aslak de Jerbiton accepte de rendre l’hommage à Finn en tant que nouveau vavasseur du Bô.

Constatant de bonnes récoltes, Raoul Tesson du Thuit, a exigé de ses vassaux Tournebut et de la Pommeraye une taille conséquente afin de grossir les rangs de son armée. Ses gens d’armes sont plus présents sur les chemins de la Baronnie, ce qui semble avoir pour conséquence la diminution du banditisme dans le Cinglais. Son frère cadet, Erneïs, est parti depuis le printemps avec un ost pour grossir l’armée de Robert pendant la campagne de Francie. Le Duc de Normandie est revenu victorieux au début de l’automne, engendrant une liesse dans tout le duché. Car, le nouveau Roi de France, Henry, lui doit rien moins que son trône.

Les mages de Fons Luminis, ainsi que leurs compagnons et servants ont également vécu des aventures. Chacun pourra les redécouvrir dans les carnets d’aventures que sont : La Colline du Cornu, Bons Baisers de Falesia,  et Le Bois du Grandgoulu (qui n’est pas fini)