Graccus le Sage

Les Visions de Nennvial et de Graccus envoyées par Custofonus.

Les Visions de Graccus Sapiens.

La première des visions eut lieu alors que Graccus rendait visite à un vieil ami vulgaire, un moine érudit et copiste qui vit à l’Abbaye du Mont Saint Michel. Son apprenti, Nennvial, l’accompagnait. Ils voyageaient sur la route entre Falesia et Caen quand Graccus fut saisi par sa première vision. Le mage fut victime d’une transe pendant laquelle il perdit connaissance. A chacune des visions qui ont suivi, le même phénomène se produisait. Cela ne durait en général que quelques minutes mais il en ressortait épuisé. Dans aucune des visions, Graccus ne ressentit de sensations sonores. Plusieurs d’entre elles se répétèrent. Les dates font référence à la première de chacune des visions et sont suivies du nombre de fois où elles se sont manifestées.

Ce qui suit est la retranscription de ces visions dictées par Graccus à Nennvial.

Le 1er septembre 1026 (10 fois) : « je vois dans le reflet produit par l’eau miroitante d’un bassin naturel, un vieil homme chauve avec des tatouages sur le visage. Il porte une toge rudimentaire. Même si je ne perçois que son reflet, je constate que cet homme n’est pas réel, qu’il n’est pas « matériel ». Il ouvre sa toge pour me montrer son poitrail. Là, au centre de son abdomen, il y a le tatouage de notre maison.

Plus tard, Graccus me confiera que ce symbole porté à cet endroit n’a qu’une signification. Cet homme est un filius de Criamon le Fondateur, nommé Custofonus Coruscent.

Le 23 octobre 1026 (9 fois) : « Je suis dans une grande caverne humide et je marche vers un bassin. Je suis ébloui par les reflets que provoque l’eau sur les parois rocheuses de la grotte. C’est elle qui produit cette lumière surnaturelle. Le bassin est parfaitement circulaire. Pourtant il est taillé dans la roche. Juste avant que ma vision cesse, je vois l’eau qui commence à s’animer.»

Le 9 novembre 1026  (6 fois) : « Je suis au bord du bassin aux eaux scintillantes et j’y vois des images. Des champs ravagés par les insectes et la maladie et des paysans faméliques qui s’escriment à travailler en se lamentant. Au-dessus dans le ciel tourmenté, des yeux de braise sous des cornes en feu me percent de leur regard diabolique. »

Le 6 janvier 1027 (1 fois): « Je vois une magnifique et immense villa romaine entourée d’une haie d’aubépine en fleur. Des gens s’affairent dans la cour. Il y a des chevaux dans un enclos, un jardin de simples et de légumes, une forge. Je rentre dans la maison. Je passe devant un grand miroir et me regarde un instant. Je suis toujours ce mage Criamon mais cette fois je suis bien réel. Je m’attarde sur une inscription au-dessus du miroir : « Regina Silvae praesidet aquam scientiae ». Il y a un péristyle au centre du bâtiment avec un bassin surmonté d’une statue de nymphe de style antique. Je monte un escalier et je regarde à l’extérieur. Le paysage est magnifique. Une forêt dense s’étend au loin derrière une rivière qui fait un coude en contrebas. Tout autour de la domus s’étendent des champs luxuriants d’avoine et d’orge dans lesquels des paysans travaillent. C’est le temps des moissons. »

Le 25 mars 1027  (3 fois): « Je regarde un paysage depuis un point surélevé. Je vois un marais putride qui s’étend en contrebas et qui est délimité par une portion de rivière en forme de coude. Un peu sur ma droite A mi-hauteur entre la rivière et ma position, je vois la domus en ruine et plus loin un petit hameau dans le même état. Sur ma gauche, au-delà de la rivière, je distingue un petit village et un chantier de construction qui domine le cours d’eau sur une hauteur. Partout où je regarde, l’horizon est masqué par une forêt dense et inquiétante. Je me retourne et je rentre dans une caverne par une entrée étroite à moitié cachée par la végétation. »

Le 20 juillet 1027 (2 fois): « Un homme grand, fin et élancé. Ses cheveux longs et noirs flottent autour de sa tête. Ses oreilles sont pointues, ses traits sont fins et son regard d’un bleu cristallin. Il s’avance vers moi avec une expression pleine d’espoir. Il me fait une accolade chaleureuse et s’écarte pour me présenter quelqu’un. Le nouveau venu est vieux, il a une longue barbe grise tressée à la gauloise et des yeux aux mêmes couleurs changeantes que la mer. Une couronne de gui ceint sa tête et de minuscules fées lucioles volètent autour de lui. Son air est grave et soucieux. »

Le 28 juillet 1027 (1 fois) : « Je suis dans la bibliothèque de la Domus et je me penche sur un écritoire en compagnie d’un homme très petit à la longue barbe grise. Il m’explique le plan qu’il est en train de dessiner. C’est un moulin à eau mais il n’a pas l’air banal. Il y a 3 roues à aubes et des jeux d’engrenages complexes. Le petit homme barbu à l’air enthousiaste tandis que je regarde son œuvre avec circonspection. »

Le 19 aout 1027 (3 fois) : « Je suis dans un village constitué de huttes. Les habitants sont rassemblés autour de moi et m’écoutent. Ils sont faméliques et malades. Une femme livide se fraye un passage jusqu’à moi. Elle porte le corps inerte d’un petit garçon. Je me tourne vers l’homme aux oreilles pointues et aux longs cheveux noirs. Il tient par la main une femme âgée dont le visage respire la bonté. Elle regarde la femme avec compassion avant de lui prendre son fils des mains. Elle le pose sur le sol, se penche pour écouter son cœur et lève le regard pour me signifier d’un hochement de tête qu’il est mort. La femme se met à hurler de douleur. »

Lorsque Nennvial de Criamon entama l’exploration de Fons Luminis en 1030, elle reçut ces même visions de la part de Custofonus Coruscent.