Introduction

Graccus le Sage

Graccus le Sage

En l’an Mille Vingt-huit, Graccus le Sage (Graccus Sapiens), un vénérable mage Criamon, se rend au Tribunal de Normandie pour faire part à ses pairs de visions qu’il perçoit depuis quelques années. La première d’entre elles lui montrait le reflet d’un vieil homme dans un bassin d’eau gelé. Le tatouage qu’il portait sur le plexus révéla à Graccus son identité. En effet, ce tatouage symbolise la fin de l’apprentissage d’un mage Criamon et sa filiation avec son parens. Or, le parens n’est nul autre que Criamon le fondateur lui-même et son filius, Custofonus Coruscent, qui vécut au IXème siècle de notre ère.

Ce dernier vint dans la région de Falesia, en Normandie pour créer une petite alliance qu’il baptisa Fons Luminis. Mais étant donné le jeune âge de l’ordre d’Hermès et la volonté de mystère de Custofonus, les archives du tribunal et de la Domus Magna Criamon ne recèlent que peu de traces de cette alliance qui a, semble-t-il, périclité.

Graccus estime que ces visions dont il est le réceptacle, prouvent qu’il doit subsister quelque chose de Fons Luminis. Il demande donc au Tribunal d’organiser une mission d’exploration dans les plus brefs délais. La proposition est soumise au vote et acceptée lors du conseil de februarius 1028.

En conséquence, le tribunal de Normandie, voyant là l’occasion de créer une nouvelle alliance dans cette région où il en reste peu depuis la Guerre du Schisme, sélectionne des jeunes mages ayant récemment passé le gant pour remplir cette mission et, le cas échéant, exploiter le site pour y créer leur propre alliance.

Le 6 maius de l’an Mille Trente, six mages issus des quatre coins de la Normandie hermétique sont reçus par Graccus le Sage dans l’alliance de Requies Aeterna où il réside, près d’Amiens. Après avoir reçu toutes les informations* et les ressources nécessaires à leur mission, Les six mages accompagnés de leurs compagnons et de leurs servants, prennent la route vers le duché de Normandie. Une Toque Rouge dépêchée par le Tribunal, nommée Cendre, les guidera au plus près de la localisation présumée de l’alliance. La filia de Graccus, Nennvial, qui a retranscrit les visions de son maître, fait partie de l’expédition et sera le tributaire et le témoin de Graccus.

Le 20 maius, après un voyage sans encombre jusqu’à Falesia, la troupe prend quelques jours de repos avant de reprendre la route jusqu’au Pont D’Oilliacus où ils traversent l’Olena . Cendre les guide jusqu’à une clairière discrète non loin de la route qui remonte vers Clécy.

Nous sommes le dies Lunae 25 maius au soir et la troupe installe le campement. Alors que les servants s’affairent à monter les tentes, ramasser du bois pour le feu et préparer le repas du soir, Cendre, demande à s’entretenir avec les mages…

 

*Informations glanées dans les archives du Tribunal de Normandie :

Archive 1 :

…Opus enim duce ad pasco per Velum Enigmas, potens illusio creata a Mormool…

…A magnifica domus dominatur flectere fluminis et molendini…

…Fons est sita in vertice domus in spelunca sed Custofonus non vis me ad visitandum…

Extraits du rapport de Gaius Plicius, toque rouge de Normandie, à propos de sa visite à Fons Luminis en 850. Archive de la bibliothèque de Confluensis (état de conservation mauvais. Support papyrus).

Traduction :

…De la nécessité d’un guide pour parcourir le Voile des Enigmes, illusion puissante créée par Mormool…

…Une magnifique domus domine le coude de la rivière et un moulin…

…La fontaine se situe au-dessus de la domus dans une caverne mais Custofonus ne veut pas que je la visite…

Archive 2 :

O Prima Juliastra,

Ego denique instituo in spelunca, et scintillans aqua Criamon, venerabiles parens, vidit in ejus visiones in aurora eius vesperum.

Situs est, feralis et in admirabile regione, sed malum est sua essentia. Ego curo ut superare creator et prophetis de exitio.

Nunc, ego creavi, a societate ad studium et praesidium. Amicorum esse heterogenea.

Scio quod conceptus morsus societates iens ut confundantur, sed opus variis artes praesidium et intelligere hoc incredibile artificium. Et tunc, mea attractio pro differentia negari non potest, ne postulata mea officium, et mea appetitus enim cognitionem.
Haec epistula est primum et ultimum, quod ego mitto ad vos. Pro apertis rationibus de secreto ego partem meam progressus per magis aer-stricta.

Sapientia, scientia, et intellectus,
Tuis dedita,
Custofonus Sapiens

Copie de la Correspondance de Custofonus Sapiens à Juliastra Prima de la Domus Magna, les Caves des Ombres, Tribunal du Rhin en 830. Archives de la Domus Magna Criamon

Traduction :

Cher Prima Juliastra,

J’ai enfin trouvé la caverne et l’eau scintillante que Criamon, mon vénéré parens, voyait dans ses visions à l’aube de son crépuscule.

Elle se situe dans une région sauvage et grandiose mais son essence est démoniaque. J’ai réussi à vaincre son créateur, une prophétesse de malheur.

Maintenant, je vais créer une alliance de mages issus de différentes maisons pour l’étudier et la protéger. Je sais que le concept d’alliance hétéroclite va vous déplaire mais j’ai besoin de compétences diverses pour protéger et comprendre cet incroyable artefact. Et puis mon attrait pour la différence ne se démentira pas devant les exigences de mon devoir et de mon appétit pour la connaissance.

Cette lettre est la première et la dernière que je vous envoie. Pour des raisons évidentes de maintien du secret je vous ferais part de mes avancées par des moyens plus hermétiques.

Sagesse, savoir et compréhension,

Votre dévoué,

Custofonus Sapiens

Archive 3 :

(Ce document a été découvert sur le corps de la toque rouge Lerne de Grande Croisée en 866 sur la route du Mont Saint Michel. A l’époque on n’a pas su déterminer la portée éventuelle de son contenu)

  • Le 4 juillet 862 : je me suis arrêté à Falesia et j’ai enfin trouvé une auberge digne de ce nom avec une écurie pour Alix. La région est secouée par les affres de la famine et de l’épidémie. J’ai plusieurs fois été attaqué par des manants loqueteux et affamés. Demain je prends la route de Condate.
  • Le 5 juillet 862 : je me suis arrêté à Oilliacus pour demander mon chemin au pontonnier. Il me parle [effacé magiquement]. Il était bien content que je partage ma collation avec lui. [effacé magiquement].
  • Le 7 juillet 862 : J’ai enfin trouvé la colonne de pierre et j’ai suivi les instructions inscrites dessus. J’enrage devant tout ce mystère qu’entretient ce vieux fou de Custofonus ! Quel temps perdu ! J’espère au moins que l’accueil sera de qualité…
    [de nombreux paragraphes effacés magiquement]
  • Le 25 aout 862 : je suis reparti de Fons Luminis ce matin et je reprends la rédaction de mon carnet de voyage. Mormool a éxigé que je lui remette afin de censurer tout ce qui parait nécessaire. Il a également exigé de me soumettre à un sort muto mentem afin d’effacer tout ce qui est nécessaire de ma mémoire…
    Voici ce qu’il en reste : famine et épidémie ravagent la région depuis des années et les magi sont persuadés qu’un tel acharnement n’est pas naturel. Ils recherchent activement la source de cette malédiction mais les évènements catastrophiques qui touchent sans cesse l’alliance et le pays les contraint à gâcher leur temps pour la survie de leurs servants et des populations environnantes. Ils espèrent trouver au plus vite et en faire part au tribunal dès que possible.

Fac similé  du carnet de voyage de Lerne de Grande Croisée effectué après retranscription de l’original en 867. Archives de la bibliothèque de Confluensis.