Chapitre 5 : Le réveil de Cementariis

Aliénor de Tytalus

Très chers lecteurs et autres mages et compagnons de route, une fois n’est pas coutume, je vais vous rapporter notre dernière aventure, la pauvre Pipa déjà en longue convalescence ayant de surcroît récemment contracté la fièvre des marais.

Père Guillaume Bonne-Ame, le curé du Bô

Cet épisode débute le 6 Junius de l’an 1030.
Alors que Niennval se réveille enfin guérie de cette satanée fièvre, le Père Guillaume se présente à notre campement pour nous convier à la messe qu’il donnera le lendemain pour le rétablissement de Gervaise, la femme du vavasseur du Bô, dont la santé décline chaque jour un peu plus. Pipa profite de sa présence pour lui poser quelques questions et nous apprenons que son œil est devenu blanc à la suite d’une maladie contractée pendant son enfance.

7 Junius 1030
Nous commençons donc la journée en assistant à l’office du Père Guillaume, certains par ferveur, les autres par convenance. À la fin de la cérémonie, Yuna, Pipa et Nennvial nous assurent avoir vu des ailes se déployer dans le dos du prêtre pendant l’Eucharistie. Jouant à nouveau les ingénues, Pipa révèle au Père Guillaume sa vision et lui demande s’il est un ange, ce à quoi il s’empresse de répondre que non, il n’est un pas un ange, mais qu’en revanche il est fort probable qu’il soit protégé par un envoyé de Dieu, sa présence même au sein du Bô et sa surprenante immunité face à la lèpre en étant quelques illustrations parmi tant d’autres. Cependant, une question se dessine dans nos esprits, est-il protégé par un ange ou serait-ce par un démon ? Et s’il semble donc que seuls les dévots aient pu saisir ce phénomène, il serait peut-être bon de se renseigner auprès d’autres villageois.

Dans l’après-midi, Niennval, Aslak, Yuna et Kaldeho se rendent à Fons Luminis pour examiner les manuscrits laissés dans la Domus, alors que Pipa et Aliénor encore trop affaiblies pour voyager restent au Bô. Je vous épargnerai ici le décompte des superstructures érigées par Aslak pour traverser la rivière, sachez seulement qu’il est passé maître en la matière. La troupe découvre donc laissés dans l’armoire métallique 3 summae d’arts, 1 summa de compétences, 4 tractatus d’arts et de compétences ainsi que de nombreux textes de laboratoire dont la Conjuration de la Domus au Péristyle, le Contrôle de Lymphéa, la Raréfaction de l’Eau Brute, le Contrôle de l’Eau

Intérieur de la Domus

Vivante, le Sortilège du Fer Forgé et le Verrier Invisible.

8 Junius 1030
Gervaise semble à nouveau aller mieux, mais pour combien de temps cette fois ? Les prières du Père Guillaume auraient-elles été entendues ? Kaldeho semble lui plus prompt à penser que sa visite le matin de la messe serait loin d’être étrangère à son rétablissement…

9 Junius 1030
Jehane vient à la rencontre de Yuna pour lui faire part de quelques indiscrétions au sujet du Sire Gilbert de Beaumont. En effet, le chevalier sarthois parviendrait désormais et contre toute attente à ressortir de la forêt tous les soirs. Il n’aurait également de cesse de prier pour « sauver Honorine des démons qui hantent la forêt ». Nous pensons donc comprendre sa motivation et son acharnement à vouloir franchir le Voile, Honorine étant très certainement la petite fille aperçue dans la demeure de la Reine de la Forêt, située au cœur d’un Regio Féérique non loin de Fons Luminis.
En parlant de fées, Jéhane explique également à Yuna que le Roi du Tertre, également connu sous le nom XXX (Yuna, si tu t’en souviens !) prend les traits d’une femme les mois de printemps et d’été et ceux d’un homme les mois froids et pluvieux. La créature féminine serait amène et courtoise mais il serait préférable de s’abstenir d’avoir affaire aux caprices de son alter ego masculin. La jeune villageoise avertit également que si le Roi des Fées accepte volontiers les offrandes, il vaut mieux éviter de le déranger sans motif et que toute demande a un prix qu’il vaut mieux être en mesure de payer.

Pendant ce temps, Aslak et Kaldeho se rendent à nouveau à la Domus pour explorer plus avant le sanctum de Cementariis. Kaldeho, équipé de la bagouillotte et plus résistant au froid rigoureux qui règne dans les quartiers du Mage Verditius, s’enfonce seul dans le laboratoire dévasté, puis exécutant à rebours la séquence inscrite sur les 3 faces du cristal, parvient à libérer les corps du mage et de sa tortue de leur emprise de glace. Dans un sursaut, Cementariis demande la date avant de défaillir. Se réveille à nouveau quelques instants pour demander si Custofonus est revenu du Crépuscule, puis constatant l’état de la Domus s’évanouit à nouveau pour marmonner dans son sommeil ces deux mêmes mots « Démon » et « Abaddon ». Un autre sursaut, il réclame Testu sa tortue.

Le Bô

Aslak reparti au Bô chercher du renfort et des vêtements chauds revient pour ramener Cementariis au village pour faciliter son rétablissement. Réchauffé et alité, le mage grièvement blessé reprend peu à peu ses esprits et nous enjoint à nous rendre à la Fontaine et à retrouver Custofonus. La Fontaine se trouve au-dessus de Fons Luminis, au centre de l’Aura magique, c’est là-bas que l’odeur de souffre se fait la plus intense. Lymphéa est la Fontaine et elle est le familier de Custofonus. Il nous faudra aussi ressusciter Mormool et retrouver Dilinwyr, le druide qui avait permis d’enfermer le démon, car nous prévient-il dans un ultime effort, Abaddon est sur le point de se réveiller.

C’est ici que s’achève le récit de cette aventure. Je vous l’accorde, ça fait beaucoup d’ordres donnés d’un coup par un si frêle petit bonhomme qui était encore tout nu il n’y a pas une lune. Mais il semblerait que le sort de notre monde en dépende…

Veuillez accepter, chers lecteurs, mages et compagnons, l’expression de mes plus sincères bisous.
Aliénor de Neuville