Accueil Forums Carnets D’aventures Vague de Terreur à Fons Luminis

3 sujets de 1 à 3 (sur un total de 3)
  • Auteur
    Messages
  • #3710
    Dominus MundiDominus Mundi
    Maître des clés

    En ce début de moi de Maius 1032, alors que chacun vaque à ses occupations, des événements étranges viennent perturber les études de nos mages hermétiques.

     

    Cela commence par une situation anecdotique bien qu’inhabituelle : Guérin, le chef des cuisines de la Domus au Péristyle, charge le jeune serviteur Didier d’aller quérir un chaudron qu’il a prêté à Evrard pour ses recherches magiques. Apeuré par la perspective d’aller dans le sanctum de l’étrange personnage, Didier mande Pipa pour qu’elle l’accompagne. Evrard, absorbé par ses études, a d’abord du mal à se rappeler ce détail. Puis, la mémoire lui revenant finalement, il fait entrer ses deux visiteurs dans son laboratoire. Didier peut alors observer l’antre du mage, remplie d’étagères surchargées de bocaux dont le contenu macabre lui glace le sang. C’est alors qu’il leur montre le chaudron dans lequel mijote un brouet aux ingrédients plus que douteux (mains, pieds et autres parties de corps humains). Evrard entreprend alors de vider consciencieusement le chaudron, rangeant tous ces organes dans des bocaux. Une fois sa tâche accomplie, il ordonne au servant de le ramener en cuisine. Didier, en sueur et glacé par cette vision horrible, prend son courage à deux mains et sort dans la cour avec le chaudron pour le laver avec l’aide du porcher, Jean qui est toujours prêt à lui rendre service. Cet événement se conclut par un souper des servants agrémentés d’une soupe de légumes au fumet de cadavre…

     

    Le Lendemain, Jean et Didier se rendent dans le poulailler pour récolter les œufs du jour. Là, il s’aperçoivent que deux poules ont disparu en laissant du sang et des plumes. Un trou dans la haie d’aubépine qui entoure l’enceinte de la domus a été creusé par quelque renard affamé. Jean et Didier piste les traces de sang sur quelques dizaines de pas dans la forêt mais, d’un coup, la piste  s’arrête et Didier est pris de panique en voyant deux grands yeux jaunes le fixer sous l’ombre des feuillages. Gladius est mis au courant mais cette simple histoire de serviteurs apeurés ne l’alerte pas. Pipa va tout de même prévenir Aar qui se rend auprès du loup magique pour le questionner. Ce dernier lui certifie que sa meute n’a pas fait le coup et qu’il n’y a pas de prédateur étrange rodant dans le voile.

     

    Les nuits suivantes, des gardes voient les mêmes yeux jaunes les fixant parfois depuis la forêt.

     

    Le lendemain matin, la jeune et avenante lavandière, Marie se rend au lavoir de la rivière. Là, pendant qu’elle tape le linge, elle sent une présence dans son dos. En se retournant elle voit les deux yeux jaunes qui l’observent dans l’ombre de la forêt. Tétanisée par la peur, elle ne peut se résoudre à fuir. Mais lorsqu’elle entend le grondement caverneux de la bête, son sang ne fait qu’un tour et elle détale comme un lapin. Elle sent l’haleine fétide du monstre sur sa nuque et croit voir son heure venue. Elle tombe à plusieurs reprises, se retourne pour voir les yeux qui la scrutent toujours, à l’abri de l’ombre des arbres. Mais finalement, par miracle, elle réussit à rejoindre la domus en criant.

     

    A partir de ce moment, une terreur emplit le cœur des servants. Gladius et Arcessito décident d’établir un couvre-feu, de doubler les gardes et d’interdire aux servants de sortir de l’enceinte.

     

    L’après-midi même, Arana en rage sort de son sanctum ! Une main animée est en train de retourner son laboratoire. Elle court chercher Evrard qui constate les dégâts avec intérêt. Ils cherchent en vain à attraper la main. N’en pouvant plus, Arana invoque une flèche de cristal et empale le membre nécrotique. Une journée de travail de perdu !

     

    Le lendemain, Jean le porcher est réveillé par les cris de ses adorés cochons. Il se rend dans la porcherie et voit deux de ses bêtes éviscérées. Des planches ont été arrachées. Dès le lendemain, les soldats organisent une battue. Beaucoup ont peur mais l’autorité de Gladius et de Gauvain les obligent. Ils reviennent bredouilles, épuisés et tremblants. Plusieurs fois ils ont vu la bête les observer sans jamais pouvoir l’approcher.

     

    Le lendemain, Cendre se présente au monolithe. On l’escorte jusqu’à la domus. Elle a une lettre à remettre à Aliénor de Tytalus. Didier lui apporte un repas. Mais alors qu’il dépose le plateau devant la Toque Rouge, il entend les sifflements de serpents qui proviennent de sa sacoche. Il recule avec crainte et lui demande si c’est normal. Cendre, inquiétée par les dires du jeune difforme, ouvre sa sacoche. En sort alors une nuée d’orvets ! La messagère hermétique est prise de panique et c’est en colère qu’elle quitte l’alliance quelques minutes plus tard. Arana, la rattrapant, lui explique les circonstances et s’excuse. Cendre se calme et lui indique que la blague est de mauvais goût. D’autant qu’elle a une grande frousse des serpents. Après avoir empocher un denier, elle quitte finalement l’alliance à la fois contrariée et perplexe.

     

    Les mages se mêlent alors de l’histoire et convoque un conseil avec les résidents disponibles (Evrard, Arana, Aar, Nennvial et Kaldeho). Ils questionnent d’abord Didier qui dit n’avoir rien fait et qui indique que c’est peut-être les tours de magie de Marie. Cette dernière, qui s’était vanté d’avoir des pouvoirs, avoue son mensonge.

     

    Nennvial, malgré le temps écoulé, réussit à percevoir les traces résiduelles d’une créature magique puissante dans la porcherie. Elle va tout raconter à Lymphéa qui, à travers les eaux du bassin lui fait comprendre que cette terreur lui rappelle vaguement le souvenir d’une époque datant d’avant sa condition de chimère, donc d’avant sa rencontre avec Custofonus. Mais elle n’arrive pas à se rappeler le moindre détail.

     

    Pendant ce temps, Aar va rencontrer la vipère géante qui veille sur la tombe de son maitre, Mormool de Mérinita, dans le marais. Elle ne sait rien. Mais, en se référant aux pensées du mage Bjornaer, elle lui montre l’illusion d’un monstre noir aux yeux jaunes, mi loup mi humain. En passant, elle indique qu’elle s’ennuie de ne voir personne lui rendre visite. Elle accepte avec joie la proposition d’Aar de venir à la Domus. Elle inspecte la porcherie en vain et en profite pour aller se recueillir devant la statue de Mormool dans le péristyle. Les servants sont apeurés par la présence du serpent géant qui s’en retourne auprès de son défunt maitre. Mais avant, elle demande si la mage Merinita de l’alliance pouvait lui rendre visite. Elle aimerait aussi revoir Cementariis (et Tertu, son familier). Car au-delà de l’affection qu’elle porte au mage, elle se dit qu’il à peut-être une réponse au fait qu’elle soit toujours vivante. Mais Arana interdit pour le moment tout contact avec le génie Verditius.

     

    La suite :

     

    Didier, assoupi sur son tas de légumes épluchés dans la cuisine, rêve de Marie. Elle est en train de laver le linge au puits quand elle sent la bête dans son dos. elle se retourne et la voit foncer sur elle. Elle recule, bute contre le muret du puits et bascule en arrière. Didier se réveille et fonce dans la cour pour voir sa bien aimée tomber. Avec l’aide des servants qui ont vu la scène sans avoir eu le temps de réagir, et faisant fi de sa peur, il descend et la récupère. Elle est vivante mais Pipa, après lui avoir fait les premiers secours, constate que sa colonne vertébrale est brisée.

     

    Didier craque et avoue qu’il a fait une grosse bêtise. En allant chercher une poule qui s’était échappée dans la partie en ruine de la domus, il tombe dans une cave restée cachée jusque là. Il y voit une issue murée sur laquelle un dessin de pentacle est à peine visible à cause de la poussière. Il s’approche et le nettoie mais, dans le même temps, il efface le pentacle. C’est à ce moment qu’il sent pour la première fois la présence terrifiante qui ne le quittera presque plus. Sentant qu’il a fait une grosse bêtise, il craint la punition et se tait.

     

    Les mages se réunissent en conseil et finissent par décider, après interrogatoire du servant et examen détaillé du mur, de le casser pour aller explorer les lieux. terrorisés par la bête, aucun des servants, même Gladius, n’accepte de les suivre. Après avoir exploré une série de petites cavernes naturelles dépouillées de toute vie, il tombent sur une autre issue murée avec un pentacle. Mais l’une des briques est tombée, rendant le sceau incomplet donc inopérant.

     

    Ils cassent à nouveau ce mur et découvre une petite caverne contenant le mobilier antique d’une chambre. Attablé à un bureau, un squelette est penché sur un gros grimoire. Aliénor commence à le lire. C’est du latin archaïque. les derniers mots sont :

    « J’ai maintenant décidé de me retirer du monde et d’affronter la Terreur sans Nom qui tous nous guette. Toi aussi, lecteur, si tu tiens ce manuscrit entre tes mains et a donc pénétré dans cette antre condamnée, tu as dû La rencontrer. J’ai donné des instructions strictes à mes esclaves pour que je sois emmuré vivant, tel la plus impure des Vestales. Mais à la différence d’un condamné, j’affronterai ce sort d’une âme égale. Je suis âgé, bien plus âgé que la plupart de mes contemporains ne peuvent l’imaginer. La Magie de Mercure me maintient en vie, mais cette même Magie a donné à mon existence un goût amer. Si j’ai défait les hordes barbares qui ont déferlé sur mes terres et conquis celles de mes voisins, c’est au prix d’un sacrifice immense : j’ai libéré une Puissance ancienne, cruelle, insatiable, qui se repaît de nos peurs et de nos craintes. Cette Terreur sans Nom que j’ai lâchée sur mes assaillants, je l’ai vue se retourner ensuite contre mes proches, mes fidèles, et même mon âme. J’éprouve grand peine à la contrôler, et lorsque quelques fois à la nuit tombée je tremble à l’idée des hordes sanguinaires qui s’apprêtent à massacrer ma maisonnée, mon esprit délirant ne parvient plus comme autrefois à distinguer la menace réelle de la chimère. Je ne puis plus vivre dans cette perpétuelle épouvante. J’ai pris la décision d’emporter dans la tombe la Terreur sans Nom que j’ai conjurée. J’ai laissé à mes esclaves des instructions détaillées afin que soit accompli le charme ancien destiné à sceller l’accès à ces cavernes que j’ai fait murer. Elle restera à jamais enterrée avec moi, jusqu’à ce que du moins — à Jupiter ne plaise ! — un sage, ou un fou, n’abatte ce mur protecteur. Quant à moi, dès que j’aurai achevé ce récit, j’ai résolu d’affronter la terrible Menace. Heureusement, lecteur, je possède contre elle une arme retrouvée dans les écrits des Prêtres d’Apollon, et dont je reproduis, ci-après, la traduction afin qu’elle puisse encore servir si, par malheur, la Terreur sans Nom devait jamais s’échapper de cet endroit où je l’ai enterrée : »

     

    Au moment où Aliénor s’apprête à lire l’incantation, un souffle chaud éteint la torche que tenait Eldir et, le mur du fond de la caverne, que Nennvial et Alastaïr avait vu onduler bizarrement, prend forme révélant la bête appelée la Terreur sans Nom. Réagissant à la vitesse de l’éclair, Kaldeho lui lance un puissant sort Creo Ignem mais la résistance magique de la bête dévie le feu salvateur. Tout le monde est terrorisé, mais Nennvial l’est trop pour garder son sang froid. Elle tourne les talons et fuit. Aliénor lit la fin du texte à voix haute pendant que Kaldeho subit l’assaut du monstre :

    « Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l’esprit
    La peur est la petite mort qui conduit à l’oblitération totale
    J’affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi.
    Et lorsqu’elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin.
    Et là où elle sera passée, il n’y aura plus rien. Rien que moi. »

     

    En le lisant elle sent la peur se retirer. Tout le monde finit par comprendre qu’il faut répéter ce mantra jusqu’à ce que la Terreur sans nom les traverse et s’évanouisse. Mais Eldir ne comprend pas le latin. S’en rendant compte, Alastaïr tente de lui traduire le mantra en normand mais le pauvre bougre ne comprend rien et charge la bête pour tenter de sauver Kaldeho. Ce dernier finit par renoncer à toute agressivité et la bête le traverse sans dommage en voulant l’achever. Elle se retourne alors contre Eldir qui, après un valeureux combat, finit par y laisser la vie. Elle s’attaque aux autres mais les traverse aussi et finit par s’évanouir dans les ombres. Se tournant vers Eldir, les mages constatent que les coups de griffes et de crocs de la bête ont disparu, tout comme ceux de Kaldeho. Mais le frère d’Aslak est bel et bien mort d’un arrêt du cœur. Plus tard, Abu en déduira que croyant à l’illusion de sa mort, il mourut en effet.

     

    Voulant récupérer le vieux grimoire sans l’endommager, Mektilde improvise un bras invisible pour le transporter avec l’aide de Kaldeho qui crée une petite planche de bois pour le soutenir dans les endroits chaotiques des cavernes où Mektilde a des difficultés à maintenir sa concentration.

     

    Pendant ce temps, Alastaïr et Aliénor reconstituent tant bien que mal le mur de briques et le quaesitor le scelle avec sa magie terram. Il est clair que le pentacle devra être refait et tous espèrent qu’il sera inscrit dans le grimoire de Mannlius Hippomanes, l’invocateur de la Terreur sans Nom.

     

    Nennvial, après avoir fui jusqu’à la Domus, s’est réfugiée avec les autres résidents dans le péristyle et tout le monde tremble de peur en attendant le retour des mages. Finalement ces derniers arrivent et racontent les faits.

     

    Mektilde entreprend d’apprendre à tous le mantra contre la peur en usant de sa musique enchanteresse pour apaiser tout le monde. Pipa l’assiste et la domus finit par retrouver son calme.  Par le biais de Glenn, son « compagnon », Aliénor s’enquiert auprès des servants qu’ils ont bien tous retenu le mantra.

     

    Chartam se charge du grimoire. Il apprendra en le copiant, que Mannlius était un théurge mercurien de la légion romaine de l’empereur Jules César. Après avoir aider ce dernier à conquérir les Gaules, il pris sa retraite ici et fit construire une villa. Cette dernière fut assaillie par des hordes et Mannlius invoqua la Terreur sans Nom pour défendre les siens. Heureusement pour l’alliance, un dessin précis du pentacle de protection est inscrit dans le grimoire qui s’avèrera contenir aussi un tractatus de Théorie de la Magie de qualité 10 et un tractatus de Connaissance de la Magie de qualité 5. Une fois recopié, il sera inutilisable.

     

    Les mages trouvèrent également deux objets auprès du squelette du mage mercurien : un éclat de pierre qui semble être le fragment d’un objet plus ou moins sphérique ; et un aigle d’argent des légions romaines.

    Voilà comment se termine cette histoire que l’on pourrait nommer « l’Ennemi Intérieur » (Merci à Rafaël Jafferali de la Villa Manlia).

     

    Si vous constatez des oublis, n’hésitez pas à compléter.

     

    • Ce sujet a été modifié le il y a 1 mois et 2 semaines par Dominus MundiDominus Mundi.
    • Ce sujet a été modifié le il y a 1 mois et 2 semaines par Dominus MundiDominus Mundi.
    • Ce sujet a été modifié le il y a 1 mois et 2 semaines par Dominus MundiDominus Mundi.
    #3711
    CelineCeline
    Participant

    Il ressemblerait pas plutôt à une boule verte hérissée de trompettes votre monstre ? Vous connaissez pas la légende de Jean-Michel Covid ?
    Parce que moi ce que j’en retiens, c’est que même à Fons Luminis, il y a des couvre-feux.
    Arcessito démission !

    #3728
    Dominus MundiDominus Mundi
    Maître des clés

    😉

    C’est clair ! J’y ai carrément pensé en l’écrivant !

3 sujets de 1 à 3 (sur un total de 3)
  • Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.