Accueil Forums Carnets D’aventures Les Histoires de Cassius le Menestrel

8 sujets de 1 à 8 (sur un total de 8)
  • Auteur
    Messages
  • #1525
    Dominus MundiDominus Mundi
    Maître des clés

    Voici les histoires de Cassius le Menestrel que certains d’entre vous ont rencontré.

    La pièce de Comédie : Rencontre entre Robert et Arlette (entendue pendant la foire de la St Jean à Condé)
    Cassius raconte et les comédiens miment dans un décor sommaire sur une estrade.
    « Retour de chasse fourbu, pour ce cavalier qui marche au pas sur sa monture fumante, dans les rues boueuses de Falaise.
    Il a 18 ans. Belle gueule, yeux clairs. Robert le Magnifique, duc de Normandie, c’est lui.
    Hé, Robert ! L’amour là, crac, ça va te tomber dessus ! Un coup de foudre au coin de la rue, mais oui… Le regard d’Arlette, la fille du riche pelletier Fulbert, croise le sien. Arlette. Si douce, si jolie…
    Alors tous les jours, depuis une fenêtre du gros château de Falaise, Robert la regarde vaquer. La regarde venir à cette fontaine pour y plonger ses mains roses et laver son linge. Frémissements de l’eau. Clapotis frais. Le rire de la belle claque joyeusement dans l’air frais.
    Robert finit par demander la main d’Arlette à son père. Celui-ci refuse net. Puis réfléchit. Tu veux quoi, toi, Arlette ?
    Arlette sourit, l’œil pétillant, sa bouche nacrée laissant entrevoir de petites dents blanches et félines. Elle veut bien.
    Tout s’accélère ! Les hommes de Robert viennent la chercher et lui disent qu’ils la feront entrer la nuit venue au château, par une petite porte dérobée. Quoi ?! Oui ! Pour que les villageois ne commèrent pas trop.
    Nan !! Elle s’en fout, Arlette, des on-dits : son entrée se fera en plein jour, par la grande porte, basta… Alors, dans la pâleur d’un petit matin rose pêche, la voilà qui passe la grande porte du château de Falaise, montée sur son propre cheval…
    La 1re nuit passée avec Robert, Arlette rêve qu’un grand chêne pousse en elle et recouvre toute la Normandie, au-delà de la mer ! Quelques mois plus tard, Guillaume naissait dans le donjon de Falaise.
    Et les alliés de Richard qui n’ont pas digéré la mort de leur duc, le frère de Robert, appellent ce garçon de 3 ans le bâtard. Mais ne le répétez pas et ne faîtes pas comme ces barons revanchards qui appelle notre beau Robert le Diable. Car mon petit doigt m’a dit qu’en Guillaume, nous tenons là le futur duc de notre chère et belle Normandie. »

    #1526
    Dominus MundiDominus Mundi
    Maître des clés

    Robert, Alain et le Couesnon : (entendue à la foire de la St Jean à Condé)
    « Savez-vous qu’en ces jours-ci, notre grand duc, Robert le Magnifique fait la guerre à son cousin Alain de Bretagne qui n’a pas voulu lui prêter hommage et qui de surcroit s’est avancé jusqu’en avranchin pour piller notre grand et cher duché. Mais Robert, toujours prêste à croiser le fer pour défendre son pays, est parti bouté l’envahisseur accompagné de ses fidéles seigneurs du Cotentin. C’est ainsi que Néel de Saint Sauveur et Avray le Géant coupent les têtes des bretons, rendant la couleur du Couesnon rouge comme du sang. Ils en ont même fait un concours et il paraitrait que c’est le géant d’Avray qui pourrait l’emporter ! »

    #1527
    Dominus MundiDominus Mundi
    Maître des clés

    La brèche du Diable : (entendue à la Foire de la St Jean à Condé)
    « Un jour, il y a longtemps, saint Quentin, parcourant la Normandie, cheminait sur les bords du petit lac de Poussandre et admirait son calme et sa limpidité. Le diable acharné à le persécuter, s’approche à pas furtifs et, d’une poussée brusque, le précipite. Le saint se voyant prés de couler à fond se recommande à Dieu et grâce à l’aide céleste, bientôt reprend pied et aborde, plein de reconnaissance. Et sans perdre un instant, il gravit la colline, tombe à genoux pour remercier le ciel. Une voix divine s’élève alors qui, en dédommagement du péril subi, l’autorise à donner un ordre au diable, l’assurant que quelque fût cet ordre, il serait exécuté. Quentin ordonna donc à son ennemi de faire disparaître le lac afin qu’il n’y eut point là d’autre malheur à l’avenir. Humilié dans sa puissance et dans son orgueil, le diable brandit son fouet et, d’un geste plein de rage, en frappa la montagne. Dans un fracas infernal, au milieu des éclairs et du tonnerre, les roches s’ouvrirent, et les eaux s’engouffrant dans l’effroy¬able déchirure, s’écoulèrent à travers leur barrière à jamais disloquée ».
    Le saint homme décida de rester parmi les gens de Soumont, le petit village d’à côté et d’y faire son office de curé. Quelques lustres plus tard, le démon Abbadon ravageait le Cingal mais le village de Soumont fut épargné par les prières de Quentin et de ses ouailles. Une nuit, pour se venger, la créature attaqua l’église où le religieux se trouvait seul. Le bâtiment souffrit de l’assaut mais la foi de Quentin le protégea et mit finalement en fuite l’abomination. Le démon disparut du pays cette nuit-même car le Saint débusqua le sataniste qui avait convoqué le démon et tua ce païen nommé Dilinar de Diede. Depuis ces temps, le village s’appelle Soumont Saint Quentin et notre sauveur est célébré partout dans le duché ! Alleluia ! »

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 année et 7 mois par Dominus MundiDominus Mundi.
    #1528
    Dominus MundiDominus Mundi
    Maître des clés

    La Fin du Maitre des Nuées

    « Oyez Oyez braves gens et douces gentes ! Venez écouter l’incroyable histoire du maitre des Nuées et de la façon dont il fut détruit !
    Je faisais halte pour la nuit au Couvent de Ste Honorine, quelques jours après la Saint Jean en cet an de grâce 1030. J’y fis la connaissance d’Adeline Bérangère, la fille batarde du Seigneur de Tournebut qui tient la fameuse vénerie du domaine. Elle était accompagnée de son fidèle Angus Sanglé, l’éleveur de chiens et d’un curieux et sauvage malandrin à qui je n’aurais pas donné Dieu même après une confession.
    Dehors un formidable orage faisait trembler les murs du monastère tandis que je vis la damoiselle sympathiser avec un fol érudit à l’accent sarthois et un drôle de moine sans croix venu d’encore plus loin. D’après ce que je compris de leurs conversations, Dieu (ou le destin) avait réuni cet étrange attelage ici en cette nuit de tempête pour vaincre le Maitre des Nuées. Connaissez-vous cette légende qui parle d’un cavalier noir descendant du ciel nimbé d’éclairs et qui parcourt le pays en tuant ou brûlant tout ce qui se trouve sur son passage ?! Oui évidemment ! Ou alors c’est que vous n’êtes pas d’ici, pour sûr !
    Bref, Alors que l’aube commençait à pointer après une nuit pendant laquelle les coups de tonnerre incessants nous empêchèrent de dormir, je vis partir d’un seul tenant ce curieux attelage . Ils rejoignirent une troupe de mercenaires cantonnés à l’extérieur du couvent et partirent vers le nord, en direction des éclairs. Je ne les revis que le lendemain soir portant deux blessés graves à l’attention des sœurs hospitalières. Dame Adeline accepta alors de me raconter leur aventure tandis que son frère gisait mort dans la grande église du couvent.
    Ils poursuivirent l’orage jusqu’à l’arbre des Amoureux où ils trouvèrent la première victime du Seigneur des Nuées, Josselin, le fils ainé de Thomas le Pieux de Tournebut, qui mourut dans les bras de sa demi-sœur. Puis suivant les traces enflammées du destrier maudit, ils se rendirent à Esson pour découvrir une deuxième victime en la personne de Marie Dubois qui fut sacrée Reine de Mai au Thuit 1 mois plus tôt. Elle avait été frappée par le démon et rendue folle par sa vision tandis que les villageois s’étaient réfugiés dans l’église. Les pas du cheval des enfers les mena jusqu’aux abords de Tournebut. Là ils furent attaqué par le cavalier qui pourfendit l’un de leurs mercenaires avant de reprendre sa course folle jusqu’au château de Thomas le Pieux. N’écoutant que leur bravoure, ils continuèrent leur poursuite et découvrirent le fort en proie aux flammes tandis que le Seigneur des Nuées tournait autour appelant le Sieur de Tournebut à sortir pour le combattre. Alors que notre hétéroclite attelage s’apprêtait à l’affronter de nouveau quitte à en mourir, Sainte Honorine elle-même apparut tel un fantôme et lui fit prendre la fuite.
    Nos héros le poursuivirent jusque dans la forêt au nord d’Ussy et finirent par le débusquer en haut d’une colline assiégée par la foudre. Le Combat s’engagea et le démon fut vaincu après une bataille épique et sanglante. Adeline Bérangère et Angus dont le fils unique fut victime du cavalier infernal bien des années auparavant, se vengèrent ainsi doublement avec l’aide de ces étranges inconnus que Dieu et Sainte Honorine avaient mis sur leur chemin.
    En conclusion à cette tragique histoire, je me permets de vous soumettre une petite morale. Je ne suis qu’un petit ménestrel sans prétention et il ne m’appartient nullement de commander à quiconque comment mener sa vie. Mais je tiens tout de même à dire ceci : La bravoure n’est pas une qualité réservée aux grands de ce monde. Elle peut naitre dans n’importe quelle âme, du plus valeureux chevalier jusqu’au plus humble des gueux. Il suffit de prier Notre Seigneur et d’obéir à ses commandements sans rien demander en retour. Peut-être qu’un jour prochain, Il choisira l’un de nous pour accomplir sa volonté, comme il le fit avec cet étrange attelage qui renvoya le Seigneur des Nuées dans les abysses infernales. Alors, soyons à l’écoute des voix du Très Haut et tenons-nous prêts, nous aussi, à vivre une grande aventure ! Car en vérité je vous le dis : les voix du Seigneur sont impénétrables ! Amen ! »

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 année et 7 mois par Dominus MundiDominus Mundi.
    #1530
    Dominus MundiDominus Mundi
    Maître des clés

    La Révolte de Guillaume de Bellême :
    Oyez oyez, gueux et gueuse ! Ecoutez donc l’histoire de la révolte de Guillaume de Bellême et la façon avec laquelle notre magnifique duc Robert mata ce seigneur sans vergogne !
    Vous vous souvenez surement qu’en 1026, Guillaume, ayant décidé de prendre le parti de Richard le troisième, quand Robert ne voulut pas reconnaitre son frère comme duc de Normandie., a grandement participé au siège de Falesia jusqu’à ce que Robert s’avoue vaincu et se soumettent. Quand Richard mourut l’année suivante et que Robert monta sur le trône, l’irascible Guillaume se révolta et se retrancha dans le château d’Alençon assiégé par l’ost ducale. Pendant ce temps, ses fils, Foulques et Robert de Bellême pillaient les terres de Blavou (Mortagne au Perche). Notre duc envoya des troupes les combattre. Foulques fut tué et Robert fut blessé et emprisonné. Finalement Guillaume fut contraint à la reddition et Robert lui imposa une humiliation. C’est ainsi que j’ai vu de mes yeux vus dans la grande salle du château de Falesia, Guillaume de Bellême endeuillé par la mort de son fils, se présenter devant Robert avec une selle de cheval sur le dos. Le vieil homme, tout de noir vêtu, porta la lourde selle tout le long de la salle en ahanant sous les huées de la cour. Lorsqu’il arriva au pied du duc, il trébucha au moment de déposer la selle et se retrouva à genou devant son suzerain. Ce dernier lui demanda de prononcer l’hommage, le releva avec la force légendaire que Dieu lui a donné l’embrassa sur la bouche pour l’osculum. Puis dans sa grandeur et sa magnificence, il lui pardonna son outrecuidance avant de le renvoyer dans ses terres à Bellême.
    Mais attention habitants du Hiémois ! Mon petit doigt me dit que notre voisin du Sud n’a pas dit son dernier mot et qu’on entendra à nouveau parler du Seigneur de Bellême et de ses fils !

    #3950
    Dominus MundiDominus Mundi
    Maître des clés

     

    Le premier miracle de Ste Honorine et la Bataille des jumeaux de Tournebut :

     

    Il y a plus d’un siècle, le Seigneur de Tournebut eut deux fils jumeaux qui s’appellaient Josselin et Fallémon. Leur père préférait Josselin qui était fort, intelligent et aimé de tous. Fallémon, lui, était solitaire et suscitait la méfiance autour de lui. A leur 12ème anniversaire, le seigneur rejeta Fallémon et  l’envoya loin du domaine. Fallémon ne revint jamais. Plusieurs années après, le terrible Maitre des Nuées descendit du ciel et tua le Seigneur de Tournebut. Josselin devint le nouveau seigneur. C’est alors que son jumeau maudit réapparut pour le défier. Le duel eut lieu au gué qu’on appelle aujourd’hui La Bataille et Fallémon, contre toute attente, tua son frère. Mais Sainte Honorine vint se recueillir sur la dépouille du pauvre seigneur de Tournebut et elle pria tout le jour et toute la nuit. Le lendemain, à l’aube, elle sortit de la tente qui avait été dressée pour accueillir le mort. Derrière elle, sortit Josselin, faible mais bien vivant. Ce fut le premier d’une longue série de miracles que fit notre Sainte Honorine dans la région. On ne revit jamais Fallémon. Un calvaire et une statue de la Sainte ont été érigés à l’emplacement même où elle redonna la vie à Josselin.

    #3951
    Dominus MundiDominus Mundi
    Maître des clés

     

    La chanson du cidre d’or :

    Tandis que le riche automne
    Se balance à nos pommiers
    Mes amis, que l’on entonne
    La chanson de nos celliers :
    C’est la chanson de la tonne
    Où le bon « pur jus » s’endort …
    Mes amis, que l’on entonne
    La Chanson du Cidre d’or.
    (bis)

    Tandis qu’ailleurs l’on réclame
    Pour le vin la primauté
    Mes bons amis, que l’on clame
    Notre nectar enchanté !
    Rien ne vaut sa douce flamme
    Qui réchauffe et nous rend fort …
    Mes bons amis, que l’on clame
    La Chanson du Cidre d’or.
    (bis)

    Pour que passe, heureuse et brève,
    L’heure au songe importunant,
    Mes amis, chatons sans trêve,
    Le bon champagne normand :
    Il égaiera notre rêve,
    Secondera notre effort …
    Mes amis, chantons sans trêve,
    La Chanson du Cidre d’or.
    (bis)

    #3952
    Dominus MundiDominus Mundi
    Maître des clés

     

    La Caverne du Gobelin sans nom :

    « Le monde souterrain est le pays des gobelins, des êtres féeriques qui vivent dans l’obscurité éternelle et dont les magies discrètes les rendent maitres du façonnage de la pierre. Jadis une maisonnée noble non loin de Saint Rémy s’est soulevée contre le roi des gobelins. La rébellion fut matée et si de nombreux traitres ont été exécutés, la vie de leur chef fut épargnée car c’était le cousin du roi. Pour son crime, son nom lui fut retiré, il fut transformé en stalactite et pendu au plafond d’une caverne isolée. Le roi décréta que son châtiment prendrait fin lorsqu’une stalagmite pousserait jusqu’à le rencontrer. »

8 sujets de 1 à 8 (sur un total de 8)
  • Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.