Accueil Forums Carnets D’aventures Le banquet de la Cour d'Ombre

5 sujets de 1 à 5 (sur un total de 5)
  • Auteur
    Messages
  • #1665
    AlissonAlisson
    Participant

    Le banquet de la Cour d’Ombre du Solstice d’Hiver

    Le 21 décembre 1030, solstice d’hiver, tant attendu est enfin arrivé. C’est à cette date que nous avons été conviés par la Princesse Coe Den Seig lors de notre visite au Regio des Chênes Parlants, à la table des 7 Princes et Princesses de la Cour d’Ombre.
    C’est un évènement important chez les Fées car il marque le passage du Pouvoir entre la Cour de Lumière et la Cour d’Ombre. Cette date marque le point culminant du règne de la Cour d’Ombre pour l’année puisque l’automne et l’hiver sont son domaine. L’heure est à la fête, mais nous n’y sommes pas conviés par hasard ou par politesse, nous avons promis à Coe Den Seig d’amener un preux et pieux chevalier en échange de Suzon, un bébé volé, destiné à être le plat principal du banquet.
    Le chevalier, Gilbert Sire de Beaumont, à qui nous avons promis en échange de lui ramener sa fille Honorine, devra se battre en duel avec un de leur champion, Ogriss. Le perdant sera dégusté au banquet et les fées se délectent d’avance de cette chair promise, humaine, au goût suave de grâce et de ferveur.

    C’est donc avec excitation pour certains et anxiété pour d’autres que nous nous rendons en fin d’après midi aux Chênes Parlants, Aranna, Aar,en éclaireur, Honoré, Yuna, Etienne, Gilbert de Beaumont et moi même Mektilde de Merinita.
    Arrivés devant l’Arche, le corbeau blanc veille sur les lieux. Yuna et moi apercevons clairement le Regio, ce passage vers l’Arcadie, aujourd’hui corrompu, à cause de l’emprisonnement d’Abbadon.
    Nous n’avons pas le temps de saluer le gardien, que le Sire de Beaumont, sous nos regards expectatifs, se jette près de l’arche , dégaine son épée la plante magistralement dans le sol et commence une prière à voix basse mais exaltée. Au bout de quelques secondes ses yeux se révulsent et il finit par retirer son épée, couverte de sang…
    « Parfait, nous avons améliorés nos « divertissements », me dis-je intérieurement « le corbeau doit être amusé du spectacle ».
    Nous nous annonçons et nous passons l’arche les uns après les autres dans le calme en prononçant le mot clef Somniare Notre Foyer.
    Comme la première fois, nous traversons chaque plan, en repassant derrière l’arche pour nous représenter devant, et comme la première fois le paysage qui s’offre à nous change perceptiblement, la végétation semble s’animer, se reverdir, et revivre à mesure que nous nous élevons dans le Regio. Il en est de même pour la froidure, cet air glacé et sec qui s’intensifie, et certains d’entre nous en subissent la morsure.
    Au 3eme niveau les impressionnants sangliers, telles des statues de glaces, sont là à nous attendre, et comme prévu ils prennent vie une fois que le dernier d’entre nous franchit l’arche, nous montrant le chemin, à travers la clairière totalement gelée.

    Nous arrivons au Banquet, où Coe Den Seig nous accueille et nous salue. Il est difficile de décrire le spectacle dantesque qui s’offre à nous.
    Une foule bouillonnante d’êtres de toutes sortes, de toutes tailles, couleurs, s’agitent, virevoltent , prolifèrent autour d’une immense table, elle mème encombrée de chaudrons, de plats, de bols, d’assiettes, de coupes. Viandes rôties, soupes noires d’encre, jus fumants, ragoûts tremblotants, entremets globuleux…même si nous n’identifions pas clairement leur contenu, nous y devinons formes et cranes humains, yeux, doigts, fluides sanguinolents et putrides.
    Au dessus de ce tohu-bohu se dressent distinctement les 7 Princes et Princesses de la Cour d’Ombre, qui se présentent à nous, un à un :

    – Ulvar, dit le Mauvais Sort
    – Argagaowen dit le Sanglant
    – Furinwithil , la Femme de L’ombre Secrète
    – Omfogliff, la Poussière d’Agonie
    – Tinuviel, la Fille du Crépuscule
    – Dayeriune, l’Horreur des Ombres de la Nuit
    – Coe Den Seg, celle qui contrôle l’Ame

    Après nos présentations, nous sommes invités à siéger chacun,d’entre nous, auprès d’un Prince ou d’une Princesse, j’ai l’honneur de prendre place auprès de Coe Den Seg.
    Certains goûtent les plats et breuvages, ne préférant pas savoir ce que c’est, et qui nous laissent des effets sensoriels, physiques et visuels. Je me prends à rire en voyant le visage d’Étienne se couvrir d’un motif de tartan et m’évoque un souvenir lointain de mon père.
    Sire de Beaumont, qui fut installé près du Sanglant, semble absent, le regard fixe, prostré et à l’abri, dans ses pensées et prières.
    Des animations autour de nous sont également proposées: arrachage de langues, jeté de coquillard, lancer de haches et absorption de potions qui font changer de couleur, pour la plus grande délectation des créatures qui y prennent part. Seules les femmes aux longues nattes tressées, cibles des haches de lancer, semblent nous jeter des regards désespérés, avant de finir avec une hache au milieu du front.
    Étienne, certainement embrouillé par ce qu’il a mangé, les essaie tous avec un entrain non dissimulé.

    Tout d’un coup, le Prince Sanglant se lève, rompant les distractions, et annonce de sa voix forte et caverneuse : « Avant de manger le plat principal, passons désormais au Duel! »
    La foule se met à hurler et à l’acclamer, et se dirige dans une procession bordélique un peu plus loin vers un espace dégagé, où tout le monde se regroupe en cercle. 8 sangliers se placent à l’extérieur du cercle comme pour monter la garde.
    Co Den Seg emmène Gilbert de Beaumont au centre du cercle en lui disant qu’il est temps d’accomplir sa quête.
    Le Sanglant prend alors la parole et tout le monde se tait: Ceci est un duel à mort où seule la force brute peut l’emporter!
    Se présente alors Ogriss, le champion du peuple Fée, un être d’une hauteur de 2m50, à la silhouette massive, trapue, comme faite d’un bloc surmontée d’une grosse boule en guise de tête, fendue de part et d‘autre par une bouche fine affublée de dents pointues et surmontée de petits yeux de taupe sombres et sans reflet.
    La foule est en délire et tout le monde l’acclame. Nous déglutissons dans notre coin.
    Sire de Beaumont est présenté à son tour, et récolte quelques encouragements de notre part, que nous dissimulons rapidement face à la foule péquenaude et hagarde.

    Dès les premiers coups échangés, nous sentons que le combat risque d’être long et pénible. Les deux combattants semblent encaisser les coups, insensibles aux estafilades.
    Chacun dans notre coin, nous dûmes prier, à notre manière, car l’issue était incertaine et cela se lisait sur nos visages.
    Gilbert du nous entendre. Galvanisé par cet élan de foi, il parvint à amocher plus nettement le molosse, et continuant sur sa lancée, lui décrocha un coup fatal qui le mit à terre, vivant mais incapable de continuer le combat.La foule se tut.
    Co Den Seg s’avançant et regardant Beaumont, leva son bras et baissa le pouce, annonçant la mise à mort d’Ogriss.
    Gilbert, comme sous l’arche, en un geste héroïque, leva très haut son épée pour la planter à travers Ogriss, pour notre plus grand soulagement et le plus grand désappointement de la foule.

    «Rendez nous la p’tite Suzon!»
    La harpie descendit du ciel, et nous tendit le bébé, qu’Honoré prit dans ses bras.
    Chacun regagna sa place à table, et le banquet se poursuivit malgré la grande déception des fées, de ne pouvoir goûter à cette chair humaine tant convoitée.

    Les Princes et Princesses firent un autre cadeau, pour récompenser notre champion.
    Furinwithil, la Femme de l’ombre secrète, nous compta l’histoire du Dragon des Roches du Terte. Une légende qui raconte qu’un baron, le Baron de Villedieu, commit un crime atroce et qu’en punition un dragon hideux et monstreux vint semer la terreur sur la région ravageant les terres et cultures. Les villageois prièrent mais toutes leurs messes étaient inutiles. Ils finirent par consulter un devin, qui leur révéla que ce Dragon s’appelait Stellatus et que pour l’arrêter de semer la désolation sur la région, il fallait à chaque nouvelle lune lui offrir en sacrifice une jeune et belle femme.
    De nombreux chevaliers tentèrent de le vaincre mais ne trouvèrent que la mort. Un jour se fut au tour de la promise de Franscisque le Baron des Yvetots, prénommée Mathilde. Refusant de céder à son sort, il partit lui aussi en expédition pour tuer le Dragon et se battit en duel contre lui. Il ne parvint pas à le tuer définitivement mais le refoula jusque dans les profondeurs et le monstre ne se manifesta plus depuis.
    «Voilà une quête digne d’un héros tel que vous Sire de Beaumont» conclu Furinwithil en lui tendant une imposante écaille de dragon, «vous pourriez peut-être le terrasser définitivement
    Il va sans dire qu’il n’en fallait pas plus au Sire de Beaumont pour le replonger dans des pensées faites d’illuminations divines et de vierges à sauver.
    Le repas s’acheva et nous repartîmes de la même manière que nous étions venus.

    De retour, nous allons voir la Dryade pour récupérer Honorine, qui bien qu’heureuse de retrouver son frère Louis du Ru, éprouve une certaine mélancolie à quitter les lieux. Regina Sylvae lui remet un colifichet et lui dit qu’elle peut revenir la voir à chaque fois qu’elle le désire.

    • Ce sujet a été modifié le il y a 1 année et 6 mois par AlissonAlisson.
    • Ce sujet a été modifié le il y a 1 année et 6 mois par AlissonAlisson.
    • Ce sujet a été modifié le il y a 1 année et 6 mois par Dominus MundiDominus Mundi.
    #1668
    AlissonAlisson
    Participant

    En attendant les corrections pour les noms propres et compléments pour le récit du Dragon, car j’ai pas tout suivi à la fin. Et evenetuellemnt le retour de la petite Suzon.
    Et désolée pour le passage du présent au passé, je sais pas pourquoi mais j’arrive pas à rester au présent à partir du duel! 😀 Sacrées potions! Ainsi que pour la mise en page sans paragraphe.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 année et 6 mois par AlissonAlisson.
    #1671
    LouiseLouise
    Participant

    Ce compte rendu me sied résolument.
    A relire l’histoire de Stellatus, je me demande si Furinwithil a un intérêt (autre que le divertissement) à vouloir qu’un preux aille le titiller…
    En tous cas, une bien belle expérience que ce banquet de la cour d’hiver. Merci à Mektilde d’avoir été notre guide et à tous pour les bons moments passés.
    Labor omnia vincit improbus. Je m’en vais peaufiner mon laboratoire!
    Arana Botaniatès

    #1690
    Dominus MundiDominus Mundi
    Maître des clés

    Merci Metkilde : 5 PX

    Et pour avoir participé, je donne à chacun des protagonistes de ces deux séances 5PX pour avoir sauvé le bébé.

    #1708
    CelineCeline
    Participant

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 année et 6 mois par CelineCeline.
    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 année et 6 mois par CelineCeline.
5 sujets de 1 à 5 (sur un total de 5)
  • Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.