Saint Quentin (par Sigismond)

Notes de Recherches établies par le Frère Sigismond, Magister in Artibus à partir des éléments trouvés dans la bibliothèque du monastère Saint Quentin deBarbery (près de Bretevilla)

L’histoire de Quentin (Quintinus) remonte aux premiers temps de la christianisation de la Gaule Romaine.

 

Histoire officielle inscrite au procès de Canonisation en 650

La Passion, récit du Martyr

Quentin aurait été le fils du sénateur Zénon. Il partit de Rome et arriva en Gaule belgique avec douze compagnons parmi lesquels Lucien qui aurait connu le martyre près de Beauvais. Quentin se rendit à Amiens où il prêcha l’Évangile mais sa renommée aurait attiré l’attention du préfet romain Rictiovarus. Arrêté, il fut torturé, mais refusa d’abjurer sa foi. Le préfet décida alors de l’emmener à Reims, la capitale de la Gaule belgique, pour l’y faire juger. Mais, en route, parvenu dans une ville appelée Augusta Viromanduorum (devenue Saint-Quentin), Quentin, échappé miraculeusement, recommença sa prédication. Rictiovarus décida alors d’en finir : Quentin fut torturé de nouveau, puis décapité. Son corps fut jeté par les soldats romains dans les marais qui entourent la Somme, dans le plus grand secret.

Première inventio

Selon l’inventio, c’est cinquante-cinq ans plus tard qu’Eusébie, une riche aveugle, venue de Rome à la suite d’un songe, se rend à Augusta Viromanduorum pour retrouver la dépouille de Quentin. L’endroit exact était inconnu, mais à la suite de ses prières, Eusébie est guidée vers le bon endroit, où le corps et la tête du martyr ressurgissent des eaux, miraculeusement intacts. Lors du transfert du corps, qu’Eusébie souhaitait faire ensevelir à Vermand, les bœufs le transportant s’arrêtent en haut d’une colline près d’Augusta Viromanduorum (aujourd’hui Saint Quentin en Vermandois). Interprétant ce signe comme la manifestation d’une volonté supérieure, Eusébie fait enterrer Quentin à cet endroit, construit une chapelle et recouvre la vue.

Seconde inventio

La vie de saint Éloi (principalement écrite au VIIe siècle) dit que l’emplacement exact de la tombe avait été oublié et que l’évêque, après plusieurs jours de fouille dans l’église, retrouve finalement le tombeau d’une façon miraculeuse : quand il l’ouvre, le ciel nocturne est éclairé d’une grande lumière et une agréable odeur de sainteté se répand dans l’église. Cette seconde inventio se serait produite vers 640. La Chapelle construite par Eusébie fut agrandie en basilique et les reliques issues du corps de Quentin y furent enchâssées.

 

Saint Quentin dans le Hiémois :

 

Pourtant, depuis cette époque, moults témoignages et histoires racontent l’apparition de Saint Quentin. Ces histoires sont pour la plupart localisées dans la partie nord de la France. Mais il y en a une qui est particulièrement riche car elle est étayée par beaucoup de témoignages : c’est l’histoire du combat de Saint Quentin contre le Diable et ses cohortes infernales dans le Hiémois.
Aux alentours de 850, un ermite parcourait le pays du Hiémois et servait Dieu en aidant son prochain. Il venait surtout au secours des pêcheurs corrompus par les tentations du Démon. Plusieurs témoignages vérifiés par des moines du Monastère du Mont Saint Quentin (les plus grands spécialistes du Saint), démontrent que cet ermite ne pouvait être que Saint Quentin lui-même. Ces évènements eurent un grand retentissement au sein de l’Eglise car l’authenticité des reliques enchâssées dans l’autel de la Basilique Saint Quentin, à Saint Quentin en Vermandois, furent remises en question et la renommée de la paroisse en fut très amoindrie.
Le Monastère de Saint Quentin de Barbery a été fondé en 911 pour rendre hommage aux actions de Grâce de Quentin dans le Hiémois. Sa bibliothèque possède donc des transcriptions des témoignages et des recherches cités plus haut.

 

Conclusions de Recherches :

La Brèche du Diable

Histoire telle qu’elle est racontée aux croyants :

« Saint Quentin cheminait sur les bords du petit lac de Poussandre et admirait son calme et sa limpidité. Le diable acharné à le persécuter, s’approche à pas furtifs et, d’une poussée brusque, le précipite. Le saint se voyant prés de couler à fond se recommande à Dieu et grâce à l’aide céleste, bientôt reprend pied et aborde, plein de reconnaissance. Et sans perdre un instant, il gravit la colline, tombe à genoux pour remercier le ciel. Une voix divine s’élève alors qui, en dédommagement du péril subi, l’autorise à donner un ordre au diable, l’assurant que quelque fût cet ordre, il serait exécuté. Quentin ordonna donc à son ennemi de faire disparaître le lac afin qu’il n’y eût point-là d’autre malheur à l’avenir. Humilié dans sa puissance et dans son orgueil, le diable brandit son fouet et, d’un geste plein de rage, en frappa la montagne. Dans un fracas infernal, au milieu des éclairs et du tonnerre, les roches s’ouvrirent, et les eaux s’engouffrant dans l’effroyable déchirure, s’écoulèrent à travers leur barrière à jamais disloquée ».

Date estimée du miracle : 855

Localisation : La Brèche du Diable (près de Soumont Saint Quentin).

Véritable histoire : L’histoire de la poussée de Saint Quentin dans le lac et de sa quasi noyade est une allégorie : il semble en vérité que le lac et toutes les sources d’eau desservant le pays de Soumont ont été empoisonnées par un démon majeur sorti d’une brèche menant aux enfers. Saint Quentin est intervenu pour renvoyer le démon dans la brèche et Dieu est intervenu pour fracasser la petite montagne qui chuta et scella l’ouverture. Le lac disparut en même temps que le démon. Mais la rivière qui coule dans le vallon est, depuis lors, saine et limpide.
Le site du Miracle : à chaque Saint Quentin (le 31 october), une procession part de l’église de Soumont pour aller à l’endroit où la brèche fut scellée. Ici aussi on peut sentir la présence d’une aura divine.
La Pierre levée : Mais d’après les témoignages de l’époque, une grande pierre provenant aussi de la chute de la montagne avait été dressée sur le site du miracle. Pourtant elle a disparu quelques années plus tard (autour de 885). Une Croix l’a remplacée depuis (date de la dédicace du Calvaire : 890).

L’assaut du démon

Histoire telle qu’elle est racontée aux croyants :

Le saint homme décida de rester parmi les gens de Soumont, le petit village près de la Brèche du Diable, et d’y faire son office de curé. Quelques lustres plus tard, le démon Abbadon ravageait le Cingal mais le village de Soumont fut épargné par les prières de Quentin et de ses ouailles. Une nuit, pour se venger, la créature attaqua l’église où le religieux se trouvait seul. Le bâtiment souffrit de l’assaut mais la foi de Saint Quentin le protégea et mit finalement en fuite l’abomination. Le démon disparut du pays cette nuit-même car le Saint débusqua le sataniste qui avait convoqué le démon et tua ce païen nommé Dilinar de Diede. Depuis ces temps, le village s’appelle Soumont Saint Quentin et notre sauveur est célébré partout dans le duché ! Alleluia ! »

Date estimée du miracle : 888

Localisation : Soumont Saint Quentin

Fondation de l’Eglise de Saint Quentin : en 870 par l’évêque de Sées. L’église que Quentin fit construire à Soumont est bâti en partie avec les pierres qui furent fracassées par le Diable aux alentours de 855. De fait lorsqu’on visite l’édifice, on constate que le chœur est constitué de pierres qui présentent à certains endroits un aspect de roche fondue. De plus, le Dominion de Soumont, malgré sa petite taille, est particulièrement puissant et la cause en est certainement la présence de cette roche. L’actuel curé de la paroisse se nomme Eloi.
Dilinar de Diede : Ce nom n’est mentionné que dans les contes et les chansons populaires. Aucune preuve véridique n’est mentionné sur l’existence d’un sataniste qui portait ce nom dans les archives ecclésiastiques.

Vérité sur l’histoire : alors que le pays était ravagé par la famine, les maladies, le réveil des morts…, le village de Soumont fut relativement préservé. Des tremblements de terre ravagèrent plusieurs églises dans le pays mais pas celles de Soumont. Abbadon a effectivement attaqué directement Saint Quentin en l’an 888. Mais le Saint a réussi à protéger ses paroissiens en les rassemblant dans son église qui a tenu face aux assauts du démon.

La Fin du Fléau d’Abbadon : en 888, les apparitions d’Abbadon et la survenue de ses fléaux a cessé.

La Disparition de Saint Quentin : peu de temps après l’affrontement, Saint Quentin a quitté son église pour disparaitre dans la forêt et n’est jamais revenu. D’après les témoignages, il était alors très vieux et affaibli par sa lutte contre le démon.

Reliques : aucun objet personnel du saint n’a été retrouvé à Soumont. L’Eglise a organisé des recherches pour retrouver son corps dans la foret mais nulle trace n’a été retrouvée. Bizarrement, une relique de Saint Quentin est répertoriée à partir de 895. C’est une robe de bure qui est enchâssée dans l’autel de l’abbatiale.

Le Sacristain de Quentin : certains témoignages de paroissiens de Saint Quentin relatent l’existence d’un homme étrange qui fut attaché à Quentin et vécut à ses côtés jusqu’à sa disparition. Un jour, le lendemain de la fête des morts (1er novembre) aux alentours de 880, Saint Quentin revint de la foret avec ce personnage qui ne parlait pas le normand. Seul Quentin le comprenait car ils conversaient en latin. D’après certains témoignages, cet homme était un païen mais il fut touché par la grâce de Quentin car, en quelques années il devint très pieux et assistait Quentin pendant les offices. Il arrivait parfois qu’il quitte Soumont pendant plusieurs lunes mais il revenait toujours. Une grande complicité semblait lier les deux hommes. Il quitta Soumont très peu de temps avant Quentin. Un seul témoignage fait état de son nom : Rigor